lundi 15 janvier 2024

CONSECRATION CHRETIENNE 2/2

 


Et le temps, cette trame ténue dont la vie est faite...

Quelle partie de notre temps appartient au Seigneur ? Non seulement, la partie au sens des heures, mais encore la part dans le choix des heures de la journée.

Si, d'une part, l'Ecclésiaste a répété maintes et maintes fois « Qu'il y a un temps pour tout » Ecc. 3:1-8, il n'a pas omis de conclure au (v.17) par ces paroles : « Dieu jugera le juste et le

Autrefois nous étions (hélas !) «… sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Eph 11:12). Nous étions de ceux qui, écrasés (moralement parlant) par la matière, c'est-à-dire la chair; accablés par l'insipidité du temps et effrayés par l'infini vertigineux de l'espace qui ne cesse de parler à l'âme de sa propre immortalité, nous réalisions hélas ! les vers du poète :

« ...Et de son vague ennui le néant les enivre !

Car, le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre ! »

Mais maintenant que nous sommes devenus de nouvelles créatures grâce au grand salut que le Seigneur nous a acquis sur la croix, il convient de nous appliquer à faire le maximum de bien dans le minimum de temps, selon le conseil de l'apôtre : « Conduisez-vous avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages, rachetez le temps car les jours sont mauvais » Eph 5:16. 6

Consacrons nos temps et nos moments au Seigneur. Apprenons à mettre tout le prix nécessaire pour nous soustraire et nous dérober aux obligations secondaires qui absorbent notre temps, nous souvenant qu'il appartient à Dieu et que nous devons le lui consacrer. Il y a, cependant, bien des choses légitimes qui nous sollicitent et qu'on ne peut moralement négliger, mais il y a, aussi, des... frivolités innocentes, voleuses de temps, de ce temps précieux qui passe et ne reviendra plus... Evitons-les car elles nous mettent en oubli l'esprit de consécration chrétienne que nous ne devons jamais perdre de vue. Il y aurait beaucoup à dire sur l'esprit de consécration, le meilleur conseiller, en la circonstance comme en toute autre, d'ailleurs, est sans contredit le Saint-Esprit. Livrons-nous à Lui sans réserve et IL nous conduira en toute sûreté sur le chemin d'une joyeuse consécration au Seigneur.

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Si notre personne est réellement consacrée au Seigneur, il va de soi que :

Tout ce qui nous appartient lui est, normalement, consacré.

Comme tant d'autres expressions religieuses, le mot consécration a perdu, dans bien des milieux, sa réelle signification. En août 1932, un brave pasteur anglais consentit à nous prêter l'Eglise Anglicane de Rouen en attendant que nous ayons découvert un local qui convint à l'importance de notre Assemblée alors de 300 auditeurs réguliers. Dès le retour de vacances des Membres de sa Congrégation, ces derniers l'accablèrent de violents reproches : « M. Nicolle n'a pas été consacré dans l'Eglise Anglicane, la chaire est consacrée, le lutrin est consacré, les fonts baptismaux qui ont été consacrés ont été profanés ayant servi de troncs à offrandes etc. » — « Oui, leur répondit le vieux pasteur, dans votre Eglise (votre Temple) tout est consacré, mais vous, vous n'êtes pas consacrés ! » Nous avons là deux des interprétations du mot « consacré ». Nos biens matériels lui sont-ils consacrés ? Si par exemple la dixième partie de nos revenus peut nous suffire comme moyens d'existence, pouvons-nous consacrer au Seigneur, d'une façon quelconque, le reste qui peut être considéré comme du « superflu » ?

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Nous nous sommes entretenus de la consécration de nos dons naturels, de notre temps et de nos biens matériels ; résumons nos pensées à cet égard en considérant la puissance de travail et l'énergie que nous réservons au Seigneur.

Tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons doit être normalement consacré au service de Dieu par un moyen quelconque. Puissions-nous être en état de dire comme Paul : « Je ne fais, pour moi-même, aucun cas de ma vie, comme si elle m'était précieuse, pourvu que j'accomplisse ma course avec joie » Actes 20:24. Et finalement :

« Que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible lors de l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! » 1Thes. 5:23

P. Nicolle (septembre 1956)