lundi 18 novembre 2019

S'ATTACHER A L'ESSENTIEL 2/2


par Carl Ledune (Radio reveil 1979/03)
Persévérer dans l’enseignement des apôtres... Quel solennel appel en un temps où l’on rejette l’Ecriture Sainte au bénéfice de nouvelles théologies, où l’on s’en va répétant que la Bible n’est plus à prendre au sérieux, qu’elle est un mythe... Rappelons-nous d’ailleurs que l’impopularité de la sainte doctrine est un «signe des temps» (2 Tim. 3:14 à 4:5). Face aux nouvelles théologies, proclamons avec force le vieil Evangile et suivons avec joie le chemin ancien que d’autres ont parcouru bien avant nous, dans la fidélité.
Ensuite, le texte mentionne une seconde indication précieuse: La communion fraternelle qu’on pratique dans une telle communauté. Le chapitre 4 des Actes décrit ces chrétiens comme des gens qui «n’ont qu’un coeur et qu’une âme». Ils sont devenus, en Jésus-Christ, des frères et des soeurs qui ont en commun le même Père, le même Sauveur, le même Esprit.
C’est cela, l’église: une communauté fraternelle, et qui a toute sa valeur. Le Seigneur n’a-t-il pas dit: «tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jean 13:35)? Ils sont devenus des frères, non pas des frères qui s’observent et se jalousent, mais des frères qui s’aiment de cet amour vrai et fort qui vient de Dieu. Ils constituent ainsi une véritable communauté, à la différence d’un auditoire où l’on s’ignore ou d’une société informe et sans âme... Ils composent un ensemble de personnes nées de nouveau, étroitement solidaires et fraternellement liées les unes aux autres. Nul n’y est solitaire!
- En troisième lieu, ces premiers chrétiens «rompaient le pain ». Et pourquoi prennent-ils la Sainte-Cène? Non pas seulement pour se souvenir que le Seigneur Jésus est mort et ressuscité pour eux. Mais aussi parce que, en donnant sa vie — son corps — Dieu fait des siens un corps, précisément.
C’est tellement important de comprendre cette vérité fondamentale : ce repas ne se limite pas à un tête-à-tête intime. Je n’y suis pas seul avec Jésus. A ma droite et à ma gauche, il y a les autres. Les autres, convoqués au même titre que moi, aimés comme moi, graciés comme moi, «débarbouillés» comme moi et appelés à la même communion, à la même table, celle du Christ. C’est là que se manifeste tangiblement notre unité. C’est alors un moment de rencontre véritable, non seulement avec le Seigneur, mais avec les autres. C’est un moment au cours duquel la guérison de ce corps qu’est l’Eglise peut être reçue: réconciliation, pardon, confession... Y avons-nous songé?
- Enfin, la prière est mentionnée comme l’une des caractéristiques de cette première communauté. Quelle église que l’église primitive ! Quelle église ne serions-nous pas, si nous étions tous, comme ces chrétiens d’autrefois, fidèles et puissants dans la prière! Et quelle armée ne formerions-nous pas si, avec Dieu, nous avions un tel pouvoir dans la prière! La vie matérielle exige beaucoup de temps. Il faut lui en racheter... Le diable, toujours rusé, s’emploie à nous en faire perdre beaucoup: «Rachetez le temps, car les jours sont mauvais» (Ephésiens 5:16). Quand nous prions, nous participons à la réalisation du plan de Dieu. C’est dans la prière personnelle et communautaire que toute victoire devient possible, là où le nom béni et vainqueur de Jésus est invoqué.
Voilà ce que ce texte du livre des Actes nous permet de découvrir de cette première communauté chrétienne. Si l’église, dans sa forme locale, veut être forte, efficace, si elle veut être une interlocutrice valable, il faut qu’elle se concentre sur l’essentiel. Des conférences, des cours de langues, tout cela est fort bien; mais on le trouve ailleurs, et souvent en mieux... Toutefois, cet enseignement de la Parole, cette communion vraie et fraternelle, ce partage du pain et de la prière, on ne les trouve qu’auprès de Jésus-Christ.
Malheur à l’Eglise si elle délaisse, si peu que ce soit, sa raison d’être pour s’occuper d’autre chose... Ensemble, à l’intérieur de la communauté à laquelle nous appartenons, prions, agissons, persévérons en ces temps de confusion. Le Seigneur veut encore se glorifier par la communauté fidèle et courageuse. Soyons, chacun pour nous-même, un membre vivant de notre église, auquel Jésus pourra dire: «si vous savez ces choses, vous êtes heureux... pourvu que vous les pratiquiez!» (Jean 13:17)